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Antennes relais et sécurité, la bonne blague !

Durant le joli mois de mai 2018, l'ANFR (Agence Nationale des Fréquences) a publié une guide technique exprimant toutes les conditions de sécurités relatives aux émissions électromagnétiques des antennes relais. Ce document exhaustif a été édité quelques mois après le lancement en grande pompe par le gouvernement Macron du "New deal du Mobile" en janvier de la même année. En effet, ce "New Deal du Mobile" a pour ambition de contraindre tous les opérateurs de téléphonie mobile à recouvrir de leur maillage électromagnétique haute fréquence l'entièreté du territoire français ! En bref, le New Deal du Mobile veut en finir avec les zones blanches. Car, il faut le dire et l'avouer, au milieu d'un tas de problèmes sociaux et économiques, nous avons un autre problème: nous souffrons de trop de zones blanches dans notre pays. Ohh Oui nous en souffrons...

"Vous crisez et paniquez quand vous n'avez qu'une ridicule petite barrette de réseau sur votre téléphone, vous rêviez d'une couverture totale pour appeler votre pépé du fond du Gouffre de Padirac ou votre cousine du haut du Mont Aiguille, le "New Deal du Mobile" est fait pour vous !"

Cet élan bienfaiteur que tous les opérateurs applaudissent avec cœur est encadré par l'ARCEP, l'organisme indépendant de régulation des communications et des Postes. Notons, mais ce n'est qu'un détail, que des sept membres formant le collège de l'ARCEP, trois sont désignés par le Président de la République lui-même, deux sont désignés par le Président de l'Assemblée Nationale et deux sont désignés par le Président du Sénat. Ces braves personnes nommées au service du bien commun, sont essentiellement des ingénieurs des Mines, une vice présidente de conseil départemental, un directeur de recherche en informatique, une agrégée des droits en régulation économique et même une conseillère d'État. Du beau monde quoi. Mais quid des représentants de la société civile, des associations de protection de l'environnement ou de celles aidant les personnes électrosensibles dans ce collège ? Difficile d'émettre un point de vue étendu dans ces conditions.


L'ARCEP met à disposition du public par son site www.monreseaumobile.fr, une carte de la couverture réseau simulée des différents opérateurs, ce qui permet d'évaluer les zones peu couvertes. Il est donc possible par ce site, de visualiser la couverture par opérateur (Bouygues, SFR, Free, Orange), mais par pour les 4 opérateurs en même temps ! Ce qui est bien dommage, car peut-être nous pourrions voir, qu'en fait, il n'y a pas de zone blanche...




Ce guide technique de l'ANFR est donc bienvenu pour encadrer ce nouveau déploiement façon "Start-up Nation" et protéger la santé de plus en plus fragile des français. Il est rappelé dans ce guide, les limites d'exposition du public. Notons que ces limites d'exposition n'ont pas évolué depuis 2002 malgré l'augmentation des fréquences utilisées, l'augmentation des émetteurs, l'augmentation du nombre de déclarations de personnes souffrant d'hyperélectrosensibilité (estimés à près de 3,3 millions de personnes en France), l'accumulation d'études scientifiques montrant l'impact de ces ondes sur la physiologie humaine et malgré le classement en 2011 par l'OMS des ondes électromagnétiques comme cancerogènes probable pour l'Homme (groupe 2B) !


Voici le détail de ces limites ci-dessous:


Il parait nécessaire de rappeler que d'autres pays (européens notamment) usent de limites d'exposition plus sévères (Belgique, Italie, Suisse, Luxembourg, Autriche, Russie...) et qu'en 2011, le Conseil de l'Europe, par sa résolution 1815 préconise aux États membres d'abaisser les limites d'exposition du public à 0,6 V/m pour atteindre, in fine, 0,2 V/m ! On en est loin...


Dans ce guide technique fondamentale, il est préconisé une distance de sécurité minimum en fonction du type d'émetteur. Évoquons, pour simplifier, les restrictions qui concernent les antennes dites "macro", celles que l'on observe le plus souvent dans notre paysage, qu'elles soient perchées en haut de pylônes autostables ou posées sur des immeubles, sillo, églises, etc. Suivant les types d'émissions (mono-bande ou multi-bandes) les distances de sécurité sont définies en fonction de la localisation de l'antenne: milieu rurale, milieu urbain.

En zone rurale, les distances de sécurité sont de 8 à 15 m face à l'antenne et 50 cm sous l'antenne (?).

En zone urbaine, les distance de sécurité sont de 5,5 à 15 m face à l'antenne, 0 à 6 m sur les côtés, 50 cm sous l'antenne.


C'est sûr qu'avec de telles distances de sécurité, tout le monde est bien protégé !





En étant parfaitement honnête, nous pouvons dire que ces distances de sécurités ne concernent quasiment aucun logement, hormis quelques exceptions, nommés "points atypiques" que l'on peut trouver en ville (comme un appartement en face d'une antenne relais par exemple). Selon l'ANFR, ces points atypiques concernent les logements dont le niveau de champs dépasse 6 V/m. Dans un rapport publié en Mars 2019 par l'ANFR, "33 points atypiques ont été identifiés parmi les 3 168 mesures effectuées sur la période considérée du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2018" sur tout le territoire...33 c'est peu.


Suivant le même principe fonctionnel que pour le déploiement des compteurs communiquant (LINKY entre autres) , le déploiement des réseaux de téléphonie mobile (augmentation des émetteurs, développement des bandes de fréquences: 4G, 5G et 6G en prévision...) se fait par lois et impulsions gouvernementale qui deviennent incontestables. Ces lois et impulsions ne sont jamais ou que rarement débattues, ni discutées ni mises sous condition. Elles sont imposées tout simplement à tous et à toutes, sans distinction, sans considération des différentes aspirations, des différentes sensibilités et des souffrances de certains.



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