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Le radon, un gaz mortel qui s'invite à la maison.

07/02/2017

Il est fort possible que vous n'en ayez jamais entendu parlé, il est sûr que vous ne le verrez jamais et pourtant le radon, est présent partout. Invisible, inodore, incolore, le radon est un gaz naturel issu des couches géologiques contenant du Radium 226 lui-même issu de l'Uranium 238. Le Radon 222 qui suit sa lignée naturelle est un gaz tout à fait radioactif. Il se forme donc dans la chaine de désintégration de l'Uranium 238 contenu dans le sous-sol géologique. Et l'Uranium 238 est présent dans beaucoup de roches: les roches métamorphiques comme les granits ou les basaltes mais aussi dans les roches sédimentaires comme les schistes ou les phosphates et plus rarement, dans certains calcaires uranifères. Mais ce gaz qui s'exhale des profondeurs finit par se dissiper dans l'atmosphère sans autre problème, excepté...dans la construction.

 

Classé comme cancérogène certain pour l'Homme en 1988, le Radon 222 est selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), la deuxième cause de cas de cancers du poumon dans le monde. Selon l'INVS (Institut National de Veille Sanitaire), avec l'exposition médicale, il est, pour la population française, la première source d'exposition aux rayonnements ionisants et provoquerait pas moins de 1200 à 2900 morts par an en France ! Le risque sanitaire du Radon 222 est augmenté de façon significative pour les fumeurs et les anciens fumeurs (risque multiplié par 25).

 

 

 

La problématique du Radon 222 est essentiellement une problématique domestique (mis à part les mineurs qui en ont subit en tout premier lieu la dangerosité. C'est historiquement grâce aux mineurs que les scientifiques ont pu déterminer sa cancerogénicité) car, comme déjà dit, en extérieur le gaz se dilue dans les masses d'air. Dans le bâti par contre, sous certaines conditions, le gaz peut se stocker et se concentrer abondamment jusqu'à produire des taux extrêmement élevés. C'est ce qui s'est produit dernièrement pour ce centre de loisir le Mas-Eloi près de Limoge, centre qui accueille près de 250 enfants sur la période estivale et qui a été fermé en Janvier dernier par décision préfectorale suite aux dépistages légaux de Radon pour certains ERP (Établissement Recevant du Public). Les mesures réalisées montraient des valeurs proche de 8000 Bq/m3 de Radon 222 dans certaines ailes du bâtiment. Un scenario similaire s'est déroulé en Mars 2015 dans l'école primaire de Saint-Symphorien-sur-Couze, en Haute-Vienne. 

 

C'est donc une législation nationale qui encadre ce risque et curieusement, même si elle a le mérite d'exister, elle ne concerne que certains ERP. Comprenez bien que le risque radon est essentiellement dépendant de deux facteurs: la concentration du gaz dans un lieu donné et le temps d'exposition dans ce même lieu. Hors, là où nous passons le plus de temps en moyenne dans notre vie n'est sûrement pas dans les ERP (mis à part le personnel travaillant dans ces ERP: enseignants pour les écoles, personnel soignant pour les établissements sanitaires, personnel encadrant pour les établissement thermaux et les centre pénitenciers),  mais bel et bien dans notre propre logement. Car selon une étude récente de l'OQAI (Observatoire de la Qualité de l'Aire Intérieur), nous passons en moyenne 67% de notre temps dans notre propre logement. On peut se questionner alors sur la pertinence de cette législation et de la cible qu'elle a choisi de fixer.

 

Cette législation doit aussi être questionnée sur les valeurs limites d'exposition qu'elle arbore. Voici ce que dit la réglementation qui concerne actuellement certains ERP situés dans 31 départements classés à risque radon (on reconnait bien là la force des technocrates capable de stopper l'exhalation du gaz aux limites départementales): 400 Bq/m3 est considéré comme seuil d'alerte à partir duquel des mesures doivent être prises pour baisser la concentration du gaz en-deça de 400 Bq/m3 et 1000 Bq/m3 comme seuil limite au-delà duquel des travaux importants doivent être engagés avec comme disposition d'urgence, la fermeture temporaire ou définitive du bâtiment par décision préfectorale.

 

 

 

Pourtant, aujourd'hui, des valeurs limites bien plus basses sont prises en compte ailleurs. La Directive 2013/59/Euratom du Conseil de l'Europe notamment, pousse les états membres à revoir leur législation en prenant comme valeur d'alerte 100 Bq/m3 et 300 Bq/m3 comme seuil limite. Aux États-Unis la règlementation est fixée (elle existe depuis 1989) à 150 Bq/m3, en Suisse le Label constructif Minergie a comme valeur de référence 100 Bq/m3 et l'OMS a également publié des valeurs seuils dans son guide pour la recommandation de nouveaux seuils concernant le radon : 100 et 300 Bq/m3. Nous sommes bien loin de notre règlementation française. En 2012, un projet de loi avait pourtant été rédigé par (entre autres) le député Dominique Dord. Loi qui devait justement encadrer toute nouvelle construction sur le risque radon avec comme valeur seuil 300 Bq/m3. Mais ce projet est malheureusement resté dans les cartons.

 

La problématique domestique du radon 222 est donc à considérer, à ce jour, individuellement.

 

Il est nécessaire de comprendre cependant, que le radon 222 n'a rien d'une fatalité. Dans un bâti existant, il est tout à fait possible de mesurer sa concentration et après une analyse complète et détaillée de l'habitation, d'envisager des remédiations qui vont permettre en premier lieu d'évacuer ce gaz radioactif, et en second lieu, d'éviter sa concentration. Naturellement la technicité et la complexité des remédiations seront directement dépendantes des valeurs mesurées. Pour une construction, il est aussi possible de réaliser une mesure sur terrain permettant d'évaluer l'exhalation du gaz et de penser le projet avec des principes constructifs anti-radon. 

 

Dans le bâti, plusieurs types de mesure peuvent être conduites:

La mesure intégrée: c'est le mode de mesure qui a été choisi dans le cadre de la règlementation française actuelle et qui consiste à placer un ou plusieurs capteurs spécifiques dans le lieu à tester. suite à la période de captage (au moins 8 semaines), le capteur est envoyé en laboratoire pour analyse. Une moyenne de désintégrations par seconde par mètre cube est alors livrée (en Bq/m3 donc).

La mesure ponctuelle est beaucoup plus rapide. Elle consiste à un enregistrement de l'activité volumique du radon par un appareil électronique (c'est la méthode usitée aux États-Unis) pendant quelques jours seulement. Cette mesure peut-être répétée à plusieurs période de l'année.

 

 

 

 

Pour celles et ceux qui voudraient en connaître davantage sur le radon où qui voudraient réaliser des mesures, consultez mon site:

 

www.ma-maisonsaine.com

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